Journal de Shibari - 29/04/26

Aperçu

Peut-on comprendre ce que représentent les cordes sans les avoir vécues ? Peut-on seulement expliquer avec des mots ce qui se joue lors d’une session de shibari ? Je ne pense pas. Mais je vais quand même essayer d’en parler.

“Un mélange troublant de plaisir, de tension, de joie, de difficulté.”

Quand je suis arrivée chez Hilldred (Retrouvez son compte Instagram ici), quelque chose m’a frappée.

Les cordes ne sont pas un loisir. Elles font partie de sa vie. Elles habitent son espace, son salon, son quotidien. Une installation en bambou incroyable qui prend toute la place et qui donne, à elle seule, envie d’y entrer, d’y plonger.

Je suis allée chez lui pour découvrir les cordes autrement. Pas une initiation, pas un effleurement, mais une immersion.

Je ne veux plus caresser le shibari du bout des doigts.
Je veux le vivre. Le comprendre. Le ressentir pleinement.

Et il m’a offert ça.

Un moment de cordes pur, violent, beau, puissant, douloureux, émotionnel, magnifique. Un mélange troublant de plaisir, de tension, de joie, de difficulté.

Tout s’est entremêlé. Tout a pris sens.

C’était… incroyable. Si bien que je ne sais pas par où commencer…

Je suis allongée au sol.
Je ne peux plus bouger. Plus du tout.

Je suis contrainte de la tête jusqu’au bout des orteils.

Je suis là. J’entends le bruit de l’appareil photo. Je vois les flashs éclater sous mes paupières closes. Mais je ne suis pas vraiment là.

Je suis sur une sorte de nuage. Je flotte.

Les cordes me serrent. Fort. Elles me font mal. Pas, un peu. Mal.

Et pourtant, elles deviennent un câlin. Elles me bercent. Elles prennent toute la place. Surtout dans ma tête.

Je ne pense plus à rien.

Les cordes agissent comme un bouton “stop”.

Point final.

La paix.

Les larmes.

“Je veux vivre cette lutte. Je veux comprendre de quoi je suis capable.”

Je suis en semi-suspension pour la première fois de ma vie. Ma jambe droite s’élève. Il ne reste plus que mes épaules et ma tête en contact avec le sol.

La douleur m’assaille.

Je gémis.

Il me dit : “Respire.

Je veux redescendre. Mais je veux rester soulevée aussi.

Je ne dis pas stop. Surtout pas.

Je veux vivre cette lutte. Je veux comprendre de quoi je suis capable.

Je bouge, malgré moi. C’est pire.

J’ai mal et j’y pense. C’est pire encore.

Hilldred m’accompagne avec calme et sérénité. C’est ce dont j’ai besoin. Il comprend ce qui se joue en moi. Il suspend ma deuxième jambe. Ça me donne un léger soulagement. Presque rien, mais suffisant.

Je respire.

J’arrête de bouger.

Et d’un seul coup, tout change.

Tout bascule.

Je m’installe dans la douleur comme dans un lit douillet. Elle est toujours là, mais elle est différente.

Je me sens bien. Légère. Apaisée. Tranquille. Plus là.

Et, aussi paradoxal que ça puisse paraître, une forme de bien-être m’enveloppe.

Comme pendant la première session, j’entends les flashs, je les vois éclater sous mes paupières, mais je ne me sens pas concernée, je suis absente et présente.

Je suis dans mon corps. Uniquement. Dans ma chair.

Je quitte mon esprit.

Je ne suis plus des pensées, je suis des sensations.

Et un seul mot revient :

La paix.

Mais à un moment donné, il faut revenir sur la terre ferme. Quand Hilldred me détache, le même sentiment revient à chaque fois : un profond soulagement, intense, difficile à décrire. Je ne suis pas soulagée que ça s’arrête, je suis soulagée d’être.

Hilldred est calme, assuré. Il prend son temps. Il retire les cordes, une à une, comme une danse.

En parallèle, quelque chose se libère en moi.

Les larmes roulent sur mon visage.

Une véritable vidange émotionnelle.

Et ce soulagement s’accompagne, encore une fois, d’un profond bien-être et d’un sentiment de paix.

“Le temps et l’espace n’ont plus aucun sens. Ils ne répondent à plus rien de logique.”

Je remarque que, pendant ces deux sessions, au sol et en semi-suspension, le temps et l’espace n’ont plus aucun sens. Ils ne répondent à plus rien de logique.

À la fin de la première séance, j’ai eu l’impression que ça avait duré quinze minutes. En réalité, c’était environ une heure trente.

La deuxième session a été légèrement plus courte, mais la sensation est la même : le temps ne s’écoule plus normalement.



La galerie photo non censurée de cette séance de shibari est disponible pour les membre du cocon de lecture.

14 clichés inédits par Hilldred Ropes

Léa Grosson

Léa Grosson, jeune écrivaine, se distingue par les récits envoûtants et immersifs qu'elle publie sur les réseaux sociaux et son blog. Avec son premier roman “Depuis cette nuit”, elle marque son entrée plus que prometteuse dans le paysage de la littérature érotique.

https://www.leagrosson.com
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